samedi 30 mai 2020


Bpifrance a mis sur les rails le successeur du premier fonds national d’amorçage, lancé en 2011 Objectif : dynamiser le financement des deeptechs, en soutenant les acteurs de l’investissement en innovation

Les déclarations d’amour de la part des pouvoirs publics pour les deeptechs se succèdent depuis six mois Ces start-up issues de la recherche, avec leur forte valeur ajoutée technologique, leurs barrières à l’entrée mais aussi leur lourde intensité capitalistique, sont dans les petits papiers de la banque publique d’investissement, et participent à son grand dessein de faire de l’Hexagone une start-up nation « 3,2 Md€ ont été levés en 2017 pour 743 start-up, un record d’investissements en capital-risque (multiplication par cinq depuis 2013) », relève Nicolas Carboni, directeur en charge du plan Deeptech chez Bpifrance Mais il ne faudrait pas s’arrêter là En comparaison avec les États-Unis, Israël ou la Finlande, « les jeunes pousses de haute technologie, hors digital, peinent à émerger », déplore Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance « Le Technion en Israël a plus de sociétés cotées au Nasdaq que la France entière ! », se navre Jacques Lewiner, physicien multi-inventeur de l’ESPCI Paris Tech (lire verbatim ci-contre)

Des résultats tangibles pour le FNA1

Depuis 2011, le FNA de Bpifrance, doté de 577 M€, irrigue l’écosystème en investissant dans des sociétés privées, par l’intermédiaire d’autres fonds « On ne parlait pas de deeptechs à l’époque », précise Pascal Werner, directeur au commissariat général à l’investissement Mais l’idée était bien là Avec un ticket moyen de 20 M€, 29 fonds ont été souscrits – 18 fonds nationaux et 11 fonds interrégionaux En moyenne, le taux d’emprise du FNA est de 46 % (31 % de financements privés issus des entreprises, banques et mutuelles, fonds de fonds, family offices), et reste toujours inférieur à 50 % dans les fonds nationaux Le ticket moyen investi par ces véhicules, dans les biotechs et medtechs, s’élève à 1,3 M€, et des sociétés comme GenSight, Eyevensys ou encore Fab’entech, en ont bénéficié… L’effet de levier de 6,7 est encourageant : pour 1 € apporté par le FNA, les fonds financés ont investi 2 € et des sociétés