samedi 19 juin 2021


(BiotechFinances n°942 lundi 3 mai 2021) La Banque européenne d’investissement (BEI) est l’institution permettant à l’Union européenne de financer la mise en œuvre de ses priorités L’innovation et la santé en font partie C’est pourquoi ses prêts participatifs s’adressent aux biotechs et medtechs Un instrument flexible et peu dilutif, qui n’est pour autant pas gratuit

Détenu par les 27 États-membres de l’Union européenne, le groupe Banque européenne d’investissement (BEI) soutient des activités à niveaux de risque élevés – comme celles des biotechs et medtechs – depuis 2013, année de lancement du programme-cadre Horizon 2020 Aujourd’hui, ce dernier vient de s’achever et les outils déployés par la BEI dans ce cadre ou celui du plan Juncker s’arrêtent Ils vont être remplacés par d’autres, réunis sous l’égide du nouveau programme en cours de discussion, « Invest EU » Elaboré pour 7 ans, celui-ci regroupera pour la première fois tous les instruments financiers de l’Union européenne dédiés à la recherche et à l’innovation « Mais pour les entreprises, ce changement est mineur car les mécanismes de notre intervention demeurent les mêmes » assure Yu Zhang, chef de l’unité sciences de la vie à la BEI « Et la santé reste plus que jamais une thématique importante », ajoute-t-il

Ce qui change uniquement en 2021 – et sans doute pour une partie de 2022 -, c’est l’enveloppe supplémentaire de 25 Mds€ décidée par les États membres pour soutenir l’économie européenne dans le cadre de la crise du Covid-19 Il s’agit là d’un fonds de garantie exceptionnel, ciblé sur les entreprises affectées par la pandémie ou travaillant sur des traitements ou vaccins contre le virus Des dossiers français figurent parmi ceux actuellement à l’étude dans ce cadre « Des signatures devraient intervenir dans les prochains mois », annonce Yu Zhang

Un mécanisme entre dette classique et fonds propres

Pour le reste, le mode d’intervention directe de la BEI est – et sera toujours dans les 7 prochaines années – le prêt participatif (venture debt) « Il s’agit d’un instrument entre la dette classique et l’achat d’actions, un financement extrêmement flexible, permettant de faire du sur-mesure », explique Antoine de Lachaux, responsable d’investissement au sein de l’équipe Santé venture debt de la BEI Il est ouvert aux PME et ETI, pour des investissements en R&D mis en œuvre sur trois à cinq ans et correspondant à de l’innovation

« Le prêt peut être décaissé en plusieurs tranches, en fonction des besoins de l’entreprise à différentes étapes Passé le premier décaissement, le deuxième, voire aussi le troisième, sont conditionnés au succès de certains jalons Il peut s’agir de jalons opérationnels : une étude clinique de phase 3, par exemple, n’aura