dimanche 7 juin 2020


De nouveaux modèles doivent être inventés autour de l’innovation portée par les biotechs qui travaillent sur l’antibiorésistance En connaissance de cause les payeurs font encore le choix des traitements génériques, le secteur est peu soutenu par les pouvoirs publics et maintenu sous l’eau par les stratégies de vente destinées à éviter les pénuries La trentaine de PME françaises engagées sur ces thématiques fait toutefois preuve d’une vraie dynamique de créativité tous azimuts

Florence Séjourné CEO DA VOLTERRA

Nous jouons avec le feu » En alerte, Marc Lemonnier, CEO d’Antabio, attend, comme l’ensemble des acteurs impliqués dans l’innovation antimicrobienne, des mesures pour faire évoluer un marché encore trop fermé aux nouvelles approches Au moins 33 PME françaises, créées depuis 2010, sont aujourd’hui impliquées dans la lutte contre l’antibiorésistance Nosopharm exploite des molécules issues de nématodes Les produits d’Antabio permettent d’accompagner les antibiotiques Da Volterra protège le côlon de leurs effets néfastes sur le microbiote… et la liste est encore longue Les projets et les produits sont donc bien présents mais les hôpitaux se tournent vers les antibiotiques existants depuis plusieurs décennies : des génériques utilisés abondamment pour des considérations de prix et de stock « Dans les années 80, le phénomène de résistance n’était pas important, et les laboratoires pharmaceutiques ont délaissé le domaine, entraînant une perte de savoir-faire Encore aujourd’hui, l’antibiorésistance est considérée comme trop marginale dans les pays moteurs pour provoquer un retour de l’investissement », constate Philippe Villain-Guillot, CEO de Nosopharm En attendant, sans l’émergence de nouveaux antibiotiques, la probabilité de big one s’accroît, couplée avec l’aggravation du problème à l’échelle globale dans les années à venir (voir les chiffres) Sans alternative, les efforts pour contenir les infections résistantes risquent d’être vains

Un secteur délaissé par les big pharmas

« Lorsque les génériques fonctionnent, bien sûr, il faut les utiliser Mais lorsqu’ils échouent, les hôpitaux sont contraints de ressortir du