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Alsace BioValley il y a 10 ans dans Biotechfinances

Gérard Christmann, Alsace BioValley : « Nous souhaitons pérenniser le tissu industriel déjà en place en offrant de nouveaux services aux entreprises »

Promu cet été « Pôle de compétitivité à vocation mondiale » dans le domaine des innovations thérapeutiques (1), le biocluster trinational Alsace BioValley vient de réorganiser ses structures en renouvelant tous les membres de son conseil d’administration. Gérard Christmann, directeur du site de production de Lilly à Fegersheim, prend la succession du professeur Philippe Poindron au poste de la présidence. Tout juste nommé, il revient sur les orientations qu’il souhaite donner au biopôle alsacien durant ses deux ans de mandat.

Biotechnologies & Finances : Dans quelles circonstances avez-vous été amené à prendre la tête du biocluster alsacien ?

Gérard Christmann, Président d'Alsace BioValley en 2005.
Gérard Christmann, Président d’Alsace BioValley en 2005.

Gérard Christmann : J’entretiens des relations avec Alsace BioValley depuis 1999 en tant qu’entrepreneur. J’avais pour cela des contacts réguliers avec les instances de direction du pôle et j’ai toujours porté une attention toute particulière au soutien de leurs actions. En tant que partenaire biotech, Lilly était membre de l’association, comme toute autre entreprise du cluster. Mon élection a été en quelque sorte préparée par l’ancien bureau, qui avait décidé lors de son mandat de donner au biopôle une orientation plus industrielle, via la création d’un collège d’entreprises, et par la nomination d’un industriel au poste de présidence. J’ai alors été contacté, et n’ai pas hésité à apporter mon soutien à une institution clé pour le développement de l’économie locale.

B&F : Porteur et instigateur majeur du dossier alsacien labellisé « Pôle de compétitivité à vocation mondiale » dans le domaine des thérapies innovantes, vous avez désormais la charge d’engager les actions déterminantes du projet. Quels sont vos choix ?
G.C. : Notre volonté est de poursuivre l’excellent travail qui a été mis en place par l’équipe de direction et de présidence précédente. Nous souhaitons certes rester très impliqués dans le projet, mais nous avons délégué la tâche de direction des opérations à une structure de gouvernance indépendante, dirigée par le professeur Jacques Marescaux, président de l’Institut de Recherche des Cancers de l’Appareil Digestif (IRCAD), et fervent soutien du dossier depuis le début. Cette instance est également cogérée par tous les porteurs historiques du dossier. L’ambition pour le pôle est d’arriver, le plus rapidement possible, à obtenir une reconnaissance internationale. Nous ½uvrons d’ores et déjà dans ce sens en travaillant avec nos partenaires de la région du Rhin – s’étendant du sud du Bade-Wurtemberg, au nord-ouest de la Suisse – et en redynamisant toutes les collaborations qui existent déjà avec les opérateurs de ces territoires. L’idée serait de créer une instance transnationale plus opérationnelle, car aujourd’hui ni les Suisses ni les Allemands n’ont de personnel permanent attitré sur ce dossier, une situation qui pèse beaucoup sur l’entité. L’autre objectif à moyen terme va être d’élargir nos collaborations à de nouveaux domaines d’expertises. Le pôle de compétitivité englobe en effet toute une dimension d’imagerie et de robotique médicale qui n’est pour le moment pas du tout intégrée dans nos relations trinationales. En ce qui concerne les projets, nous avons déjà deux idées bien abouties et nous allons les présenter le plus rapidement possible au comité de coordination régional. Aucune enveloppe n’a encore été allouée, mais des rumeurs prétendent que les premiers arrivés seront les premiers servis.

B&F : Vous souhaitez donner une orientation plus industrielle au pôle alsacien. Comment pensez-vous mettre à profit votre expérience de manager ?
G.C. : Je suis dans la droite ligne de mes prédécesseurs et je tiens à renforcer l’ouverture du pôle vers les

Biotech finances n° 258 du 26 septembre 2005
Biotech finances n° 258 du 26 septembre 2005

entreprises. Cela va certes passer par l’accueil de nouvelles pousses, mais la dynamique première va se tourner vers les entreprises déjà installées (NDLR : 56 pour le cluster alsacien et 300 au niveau trinational). Alsace BioValley a accueilli beaucoup de start-up ces dernières années et il apparaît aujourd’hui très important d’être à l’écoute de ces sociétés désormais plus mûres, afin de recenser leurs besoins et de les aider à grandir. Nous avons déjà noué pour cela de nombreux contacts et nous souhaitons monter très rapidement des actions concrètes. Cela pourrait par exemple passer par la création d’un réseau global pour les achats, ou par la mise en commun de plates-formes de recherche. Et aider les entreprises en place sera très certainement un levier clé pour attirer vers nous de nouveaux deals et de nouvelles firmes. Dans cette idée, nous observons en ce moment le marché américain de plus près et nous espérons nouer rapidement de nouveaux contacts avec de potentiels investisseurs, entrepreneurs et institutionnels locaux intéressés par notre Région. Une prospection que nous menons main dans la main avec les agences de développement économique de la Région.

B&F : Vous parlez également de renforcer les collaborations existantes au sein du cluster. Quels types d’alliance souhaitez-vous dynamiser et comment comptez-vous mettre cela en place ?
G.C. : Les accords collaboratifs sont aujourd’hui une source non négligeable de profits pour une biotech. J’ai donc décidé de mettre un accent tout particulier sur ceux-ci, en favorisant le courant de relations entre tous les acteurs des sciences de la vie, les organismes de recherche et de formation, les entreprises et les collectivités locales et internationales. D’ores et déjà, notre conseil d’administration reflète cette volonté car il est composé de trois collèges opérationnels de douze membres chacun. Le premier, « Recherche-Formation », regroupe des chercheurs issus de l’université Louis-Pasteur, de l’Inserm, de l’Inra, de l’université de Haute-Alsace et d’autres instituts de la Région. Le second, « Entreprises », fédère les entrepreneurs locaux comme Jean-Yves Bonnefoy, directeur de la Recherche de Transgene, Paul Bikard, CFO de Prestwick Chemical ou Pascal Neuville CSO de Faust Pharmaceuticals. Le troisième, « Institutionnels », réunit des membres de la Région Alsace, de la communauté urbaine de Strasbourg, du conseil général du Bas-Rhin, et de neuf autres collectivités locales.


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