jeudi 12 décembre 2019


Hüseyin Firat, Firalis

Les échecs répétés des études cliniques dans la maladie d’Alzheimer seraient liés à un diagnostic peu précis et trop tardif de cette pathologie En effet, hormis la biopsie post-mortem, aucun test ne permet d’obtenir un diagnostic fiable à 100 % Pour parvenir à une détection précoce et abordable, les biomarqueurs sanguins semblent aujourd’hui incontournables Encore faut-il retenir le bon… Une véritable course contre la montre pour les start-ups qui se positionnent, sur ce terrain, à différents stades de la maladie

C’était il y a un an, le 1er août 2018 Quatre médicaments, prescrits contre la maladie d’Alzheimer (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl) et remboursés à hauteur de 15 %, ont été exclus de la prise en charge par l’Assurance maladie En cause, une efficacité trop modeste et un risque d’effets indésirables non négligeable Le tableau n’est pas plus réjouissant du côté des traitements en devenir : après les échecs du solanezumab de Lilly et du verubecestat de Merck, ce fut au tour de l’aducanumab de Biogen de rejoindre, en mars dernier, le cimetière des molécules ayant échoué dans cette indication (lire Billet Bio, Biotech Finances no 850) Malgré la multiplication des approches innovantes et les investissements massifs consentis par les sociétés pharmaceutiques, aucun projet n’est parvenu à tirer son épingle du jeu dans cette maladie neurodégénérative dont l’incidence augmente (voir chiffres clefs ci-contre)

Ce manque d’efficacité s’explique en grande partie par un diagnostic tardif de la maladie, posé lors de l’apparition des symptômes démentiels Des signes qui se manifestent parfois plus de dix ans après le début de la maladie Plusieurs biotechs se penchent sur de nouvelles méthodes pour établir un diagnostic plus précoce et, ainsi, ouvrir aux futures thérapies innovantes de meilleures chances de succès

De nombreux obstacles pour établir un diagnostic efficace

Aujourd’hui, le diagnostic repose en premier lieu sur des tests de fonctions cognitives, même si les troubles de la mémoire ne sont pas forcément reliés à la maladie d’Alzheimer À un stade avancé, cette pathologie se caractérise par deux types de dégénérescence dans le cerveau : l’agrégation de protéines tau et l’apparition de plaques d’amyloïdes ?-42 À ce jour, la biopsie post-mortem reste la seule méthode totalement fiable pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer, en observant notamment les plaques et la dégénérescence neurofibrillaire dans des régions cérébrales particulières Du vivant du patient, deux tests de référence permettent néanmoins de mesurer la quantité d’amyloïdes ?-42 dans le cerveau : l’analyse du liquide céphalo-rachidien obtenu par ponction lombaire, un acte invasif, réalisé en particulier dans les services d’urgences, et qui reste difficile