Le Billet Bio de H. ELLA
Hands-on LP
Il semble que depuis quelques temps lever des fonds est un peu plus difficile pour les firmes de capital risque, dans un environnement qui n’a pas encore totalement digéré les crises successives qui se sont succédé dans la finance et dans l’économie. Les investisseurs se sont tous plus ou moins désengagés d’un privateequity qui n’avait rien à se reprocher dans cette accumulation de revers. Aussi convient-il de saluer le nouveau fonds d’Index Ventures de 150 millions d’euros dédié aux sciences du vivant. Car si les montants n’ont rien à voir avec ceux que nous avons pu connaître, c’est vers les LP (limitedpartners), les investisseurs, que se tourne notre attention. En effet, parmi les sponsors, on retrouve des laboratoires pharmaceutiques GSK et Johnson & Johnson. Si GSK a décidé d’investir en direct, ce n’est pas le cas pour J&J qui a choisi d’utiliser son instrument de corporate venture. On savait les grands laboratoires pharmaceutiques avides d’informations et outillés pour attirer les jeunes pousses prometteuses avec leurs structures de corporate venture capital (CVC). En se positionnant très tôt sur des projets et en les suivant sans avoir nécessairement le besoin de les intégrer dans leur pipeline de partenariats actifs, les CVC ont libéré la stratégie des big pharmas. Mais aujourd’hui, en multipliant les participations directes (InnoBio et Inserm Transfert en France) dans des fonds de capital risque, les laboratoires franchissent un pas de plus dans leurs stratégies d’accès aux révolutions scientifiques. Mais au delà d’un possible effet de mode, GSK et J&J ont pu être attirés par le modèle «assetcentric » d’Index qui n’investit que dans des sociétés ne développant qu’un à deux projets de molécules pour des montants bien moins importants, avec un focus plus proche des préoccupations des grands laboratoires.

H. Ella - redaction@biotech-finances.com
© Bf n°554 du 11/06/2012
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