Le Billet Bio de H. ELLA
À 400 millions d’euros : amorçage à grande échelle
Avec le fonds national d’amorçage (FNA), c’est l’une des dernières émanations du programme « Investissements d’avenir » qui se met en place. Cet outil, qui s’est bien fait attendre, devrait structurer l’ensemble de la filière d’investissement dans les jeunes sociétés innovantes. Au fil des années, les différents outils nécessaires au développement de la filière se sont mis en place, l’amorçage demeurait le parent pauvre. Une première étape avait été les fonds d’amorçage régionaux, dans le droit fil de la loi Allègre, suivie de l’émergence des fonds d’amorçage thématiques. Ensuite, les business angels, qui étaient quasiment inexistants en France, ont commencé à prendre la suite des 3F (family, friends and fools) et représentent aujourd’hui l’un des rouages essentiels pour le développement de projets de haute technologie. L’initiative portée par la Caisse des dépôts devrait permettre, comme l’a très bien souligné Pascal Lagarde lors de la matinée sur l’amorçage organisée par France Biotech le 27 janvier dernier, l’émergence de nouveaux acteurs dans l’amorçage. Bien que le premier investissement du FNA ait été dans Inserm Transfert Initiative, une structure déjà existante et dont le modèle a été éprouvé durant ces dernières années, certains évoquent comme seconde participation la création d’un nouveau fonds dans le domaine des énergies nouvelles et des cleantechs. Ainsi donc, le pari semble gagné pour le commissariat général à l’investissement et la CDC qui, avec le FNA et toutes les autres initiatives, notamment les fonds de maturation, pourraient revitaliser les filières d’investissement précoces en apportant de l’argent à ces étapes particulièrement risquées et difficiles que sont la démonstration de la faisabilité technique et commerciale, longtemps délaissées. Mais comme nous nous en faisions l’écho il y a encore quelques semaines, espérons, maintenant que le « seed gap » semble comblé, que cette sinistre vallée de la mort ne se déplace pas vers des stades plus tardifs, là où le capital risque d’essence privée pourrait ne plus être là. Mais tout cela est une autre histoire.

© Bf n°539 du 20/02/2012
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