Le Billet Bio de H. ELLA
Le temps des mastodontes
Nous pensions que le temps des grandes fusions entre laboratoires pharmaceutiques était terminé, le temps de la recherche des synergies au détriment de l'emploi et de l'innovation, le temps des mastodontes. Apparemment, non. Au prix d'un effort considérable, Pfizer s'est lancé dans le rachat de Wyeth, puisque le déjà numéro un mondial aurait emprunté 22,5 milliards sur les 68 milliards de dollars que lui coûterait ce rachat. Et conséquence du « credit crunch » que vit la planète financière, cet emprunt coûterait entre 7 et 9 % par an et devrait être remboursé avant la fin 2009. Du coup, les marchés sont dubitatifs à l'égard de cette fusion, survivance d'un temps où la course à la taille était la norme, puisque les CDS (credit default swaps) Pfizer, ces outils dérivés qui permettent de gérer le risque de crédit, ont subi une hausse impressionnante de 125 points. En outre, Standard & Poor dégraderait d'AAA à AA, le rating credit de Pfizer. Mais une question demeure : qui est-ce qui a bien pu pousser le numéro un de la pharmacie à racheter le numéro neuf dans cette période troublée ? La volonté de rester numéro un ? La perspective de perdre l'un de ses meilleurs produits dans la nébuleuse des génériques ? Le besoin de retrouver un nouveau blockbuster ? Toutes ces questions sont légitimes. Et pourtant, des idées d'hier, puisque récemment encore les grands de la pharmacie s'étaient attachés à faire passer le message : « Smaller is beautiful », du moins en termes de R&D et de business units plus focalisées dans des indications de spécialité.

© Bf n°404 du 02/02/2009
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