Le Billet Bio de H. ELLA
Hollande attendu au coin de la biotech
Alors que le président Hollande s’installe à l’Élysée et souffle un peu après une campagne que tout le monde s’accorde à reconnaître comme exténuante, son homologue américain entame la longue marche qui devrait lui faire retrouver le bureau ovale en novembre prochain. Et afin de bien débuter sa campagne en se conciliant les bonnes grâces des entreprises de biotechnologies qui représentent une vraie force dans ce pays avec pas moins de 1,42 million d’emplois directs et près de 6,6 millions d’emplois induits, le président Obama vient de publier son « National bioeconomy blueprint ». Ce plan d’action national appelle à avoir « une approche globale en exploitant les innovations en biologie pour relever les défis nationaux en matière de santé, de nourriture, d’énergie et d’environnement ». Si pour certains observateurs des biotechnologies américaines il ne s’agit ni plus ni moins que d’un catalogue de mesures déjà existantes, quelques nouvelles initiatives émergent. Le plan propose en outre de mettre l’accent sur l’accélération de la traduction de technologies pour les industries, notamment l’usage de la génomique. Une vision extrêmement et volontairement très large de la bioéconomie, passant par toutes les couleurs de la biotech, qui se démarque véritablement des choix européens plus restrictifs. La Commission européenne, qui s’est essayée à l’exercice en février dernier, aborde en effet la bioéconomie sous l’aspect des procédés industriels, David Cameron l’envisage sous l’angle des sciences du vivant, tandis que la France semble marcher sur les traces de Bruxelles en associant bioéconomie à économie verte. Certes, le candidat Hollande a fait un certain nombre de promesses portant sur cette fameuse banque publique d’investissements, sur la fiscalité et les stocks options, ainsi que sur les cellules souches pour rassurer les entrepreneurs. Mais les promesses n’engagent que ceux… Aujourd’hui, les biotechnologies attendent du concret du gouvernement, qu’il les conforte dans leur position d’acteurs d’avenir. Ne faudrait-il pas d’urgence un vrai plan de développement en début de quinquennat de la part du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ou de la ministre de la Recherche, Geneviève Fioraso, experte reconnue sur les problématiques liées à la biologie de synthèse ? Une clarification s’impose sur l’agenda et la stratégie concrète.

H. Ella - redaction@biotech-finances.com
© Bf n°552 du 28/05/2012
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