Le Billet Bio de H. ELLA
Les biotechnologies industrielles sont-elles l’avenir des biotechs ?
Certains en sont convaincus ! Ainsi, Génopole vient-elle de lancer la seconde édition du concours biotech destiné, entre autre, aux entreprises innovantes de ce segment. En effet, les biotech blanches (industrielles et non-pharmaceutiques), que l’on oppose si souvent aux rouges (production pharmaceutique), ont apparemment le vent en poupe. Si les années 70 ont vu leur émergence, c’est très certainement la dernière décennie qui a vu leur essor, portée par une prise de conscience de la « finitude » du carbone fossile, phénomène nouveau après les multiples crises énergétiques que nous avons pu vivre (crises de 1973, 1979 et 2008). Les conséquences du changement climatique ont aussi joué un rôle dans la recherche de solutions alternatives pour sauvegarder l’environnement et réduire les gaz à effet de serre. Un autre phénomène est à prendre en considération : l’évolution de la biologie de synthèse. Cette « science nouvelle », qui regroupe la génomique, la métagénomique, le génie métabolique et surtout l’évolution dirigée, est aujourd’hui l’outil de prédilection de la conception de nouveaux procédés : « C’est le passage de la lecture du code génétique à son écriture » (Newman et al., 2010). Sur les décombres de la dernière crise énergétique, les marchés financiers avides de solutions ont fort bien accueilli les deux sociétés actives dans ce secteur : Metabolic Explorer et Deinove. Mais leurs parcours boursiers quelque peu heurtés montrent bien qu’il est toujours plus facile de financer des programmes de développement lorsque les prix du pétrole sont élevés. Ces deux entreprises, qui proposent des alternatives à la chimie du pétrole, devraient délivrer conformément leur programme de molécules. L’une, basée sur les bactéries extrémophiles, devrait produire une nouvelle génération de biocarburant, quand l’autre, utilisant une nouvelle machinerie métabolique, produira des molécules chimiques. Depuis 2008, il faut compter en France, avec une nouvelle venue, GBE, cotée elle aussi, et dont le procédé basé sur une voie métabolique artificielle implantée dans des bactéries bien connues, promet des coûts de production plus bas encore… Mais une question demeure : sommes-nous au début de l’émergence d’une véritable bioéconomie où le pétrole, tel un phénix, renaîtra de ses cendres ?

H. Ella - redaction@biotech-finances.com
© Bf n°556 du 25/06/2012
Entreprises citées :
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