Le Billet Bio de H. ELLA
Inconstants marchés
Adocia et EOS Imaging viennent de lever respectivement 23,5 et 38 millions d’euros sur des marchés plutôt euphoriques et à nouveau enclins aux biotechs. Est-ce un phénomène passager ou quelque chose de plus profond qui tiendrait de la prise de conscience et de confiance ? Bien malin qui pourrait le dire ! Ainsi, à l’heure où nous écrivons, l’indice Next Biotech « tangente » les 900 points après avoir touché un « plus bas » en novembre dernier à 650 points. Cet intérêt soudain est tout aussi inexplicable que le désamour que nous avions observé au second semestre 2011, puisque nous étions passés de 1018 points en juillet à 650 en novembre. Ces errements erratiques semblent totalement décorréler du flux de nouvelles positives qui ont pu irriguer le secteur. Cela traduit assez bien la faible connaissance du secteur et de ses mécanismes intimes que peuvent avoir bon nombre d’investisseurs, fussent-ils institutionnels ou privés, un problème récurrent du secteur. À la décharge des gérants, dont bien peu sont scientifiques, les sciences du vivant sont extrêmement complexes, aussi bien scientifiquement que réglementairement ou encore économiquement. Mais porté par le vieillissement de la population, par certaines angoisses des baby-boomers et le besoin des populations de se soigner, le secteur des biotechs et de la santé est perçu comme défensif. Il est un autre élément qui peut expliquer les succès de certaines opérations de marché : c’est l’appétence que peuvent avoir les grands groupes pharmaceutiques ou/et d’appareillages médicaux pour ces sociétés émergentes capables de leur offrir des innovations à moindre coût. Ainsi, pour paraphraser le titre d’une étude récente réalisée par l’un des grands cabinets de conseil : « Devons-nous sortir de la recherche ? » Une question qui est devenue prééminente dans les réflexions stratégiques que mènent, aujourd’hui, les patrons de ces multinationales. Toujours est-il que la biotech a le vent en poupe et surfe avec une facilité déconcertante sur des marchés euphoriques.

© Bf n°540 du 27/02/2012
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