Le Billet Bio de H. ELLA
Hologic : la preuve par Gen-Probe
Il y a un mois, Hologic annonçait l’une des plus grosses opérations de M&A du secteur de l’appareillage médical avec le rachat de Gen-Probe pour 3,72 milliards de dollars. Il convient de revenir sur cette opération qui, en son temps, avait déclenché surprises, murmures et réflexions. En effet, les montants annoncés sont assez impressionnants et ne sont pas sans rappeler les 2,9 milliards de dollars qu’avait avancés, par exemple, Endo Pharmaceuticals pour s’offrir American Medical Systems ou encore les 3,4 milliards de dollars mis sur la table par Roche pour acquérir Ventana Medical Systems. Il s’agissait pour ces sociétés de se renforcer sur des parties stratégiques de leur mix produit. Ainsi, Ventana, en apportant dans la corbeille de mariage ses technologies d’échantillonnages de tissus (complémentaire de la PCR de NimbleGen), et 454 Life Sciences achetés auparavant, renforçait, s’il était possible, la légitimité de Roche dans ses activités de chimie clinique et d’immunochimie. Hologic, en mettant la main sur Gen-Probe, étoffe sa gamme de tests moléculaires avec des tests dans l’infectieux bactérien (chlamydia/gonorrhée) et viral (VIH/VHB/VHC/VPH) et se retrouve dans une situation favorable pour proposer à ses clients une gamme entière de produits depuis les tests cytologiques jusqu’aux tests moléculaires dans la santé féminine. Il s’agit véritablement d’une intégration verticale sur certains axes, comme le cancer du col, associée à de la transversalité au regard de la multiplicité des tests proposés. Hologic s’en va clairement chasser sur les terres de ceux qui avaient privilégié les tests HPV en première intention, comme Qiagen avec Digene ou Roche avec mtmLaboratories, mais avec l’avantage de posséder en propre les outils pour réaliser et lire les lames issues des frottis du col. La question qui demeure est : quelle va être la réaction des autres acteurs ? Car si aujourd’hui les tests moléculaires sont des enjeux pour les champs de bataille des pays développés, quid des pays émergents pour lesquels les tests moléculaires sont encore trop chers. Roche et Qiagen devront-ils passer par la case cytologie ou réduire drastiquement leurs marges ? Les mois qui viennent devraient nous apporter des réponses.

© Bf n°553 du 04/06/2012
Entreprises citées :
Version imprimable
Aucun commentaire.
|