Le Billet Bio de H. ELLA
Biotechs marines et logique industrielle : voilà l'atout !
On l’oublie ou peut-être ne le sait-on pas, mais la France possède le deuxième domaine maritime au monde. Avec quelque 11 millions de km² de zone économique exclusive (ZEE), notre pays se place au deuxième rang derrière les États-Unis (12,2 millions de km²), mais devant l’Australie (8,5). Avec un tel domaine et de nombreux territoires disséminés dans à peu près toutes les mers du globe, les biologies marines demeurent aujourd’hui le parent pauvre du champ biologique qui, rassurons-nous, offre donc un potentiel exceptionnel de découvertes. En cette période de retour aux valeurs environnementales, il semblerait que les biotechnologies marines aient naturellement le vent en poupe et cinglent vers le grand large, poussées par cette brise venue de Bruxelles intitulée « Biotechnologies marines : une vision et une stratégie nouvelles pour l’Europe ». Le marine board de l’Europe Science Foundation a ainsi établi une feuille de route pour la recherche européenne dans le domaine, tout en définissant un programme scientifique et politique ambitieux mais réalisable au cours de la prochaine décennie. Et la France dans tout cela, me direz-vous ? Eh bien, elle va son petit bonhomme de chemin en créant des pôles de compétitivité sans pour autant avoir une vision de long terme. L’une des premières idées fut d’utiliser la biodiversité marine pour pallier l’innovation gap de la pharmacie (cf. Hemarina et al.). Depuis quelques années, toujours en abordant le milieu marin sous l’angle de la biodiversité, un intérêt nouveau s’est développé pour les micro-algues et leurs capacités innées ou acquises de dégrader le pétrole ou, propriétés encore plus merveilleuses, d’en fabriquer, ou encore sur leurs possibilités dans la production de protéines (cf. autour des algues : Algenic, Fermentalg, …). Mais l’un des premiers avantages des biotechnologies marines est très certainement d’interroger notre secteur sur sa capacité à entrer dans des logiques industrielles, où il n’est pas toujours prêt à fournir des réponses. Un atout qu’il serait bon de véritablement travailler et déployer pour servir de modèle et de pilote pour l’ensemble du secteur des biotechs, toutes couleurs confondue.

H. Ella - redaction@biotech-finances.com
© Bf n°555 du 18/06/2012
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